Complémentaires, car notre système éducatif traditionnel ne peut pas – malgré tout le courage et la bonne volonté de nos enseignants – enseigner tous les contenus comme le promeuvent ses valeurs de liberté (et nous ne pouvons que le regretter). Il pourrait donc gagner à avoir un allié assez flexible pour aborder des sujets et des phases d’apprentissage différents.
Une des grandes forces du jeu vidéo également, c’est d’avoir dompté les principes de pédagogie active. Prenez Super Mario par exemple. C’est en tombant dans les trous et en sautant aux mauvais endroits des dizaines de fois que nous comprenons où et quand bondir pour traverser les niveaux. Ce mécanisme empirique dit « d’essai-erreur » est un gage d’apprentissage constamment menacé d’extinction dans un système éducatif majoritairement punitif. Le jeu vidéo permet justement d’apprendre en permanence par l’erreur à surmonter, et avec plaisir ! Incroyable ?
L’essai-erreur favorise principalement la phase de consolidation des savoirs et des compétences. Ce mécanisme doit être associé à d’autres principes de neuroéducation comme le “feedback proche” et la “reprise à rythme expansé”. Pour consolider correctement une compétence, c’est-à-dire l’ancrer dans des mémoires long-terme, réflexes comme la mémoire procédurale, il faut indiquer à l’enfant où et pourquoi il se trompe, où et pourquoi il a raison et provoquer cette session d’essai-erreur à intervalles de temps définis. Tout ce processus fait l’objet d’une véritable stratégie de consolidation. Toutefois, si nous parlions de phases au pluriel, c’est qu’il n’existe pas que la consolidation.
Souhaitant profondément apporter à chaque enfant l’accès à des enseignements parascolaires trop souvent relatifs au milieu social des parents, le jeu se concentre aussi sur la phase d’éveil. Nos enfants ont donc la possibilité de progresser aussi bien en mathématiques qu’en musique classique, en vocabulaire qu’en yoga. Sans distinction ni gradation aucune des savoirs. Et une fois arrêtés, selon leurs appétences, sur un point précis de cette horizontale infinie, ils peuvent s’engouffrer verticalement autant qu’ils le souhaitent et potentiellement lever toutes les « barrières de niveau » académiques pour approfondir les domaines qui les attirent plus particulièrement.
Enfin, ce dernier point reste à prouver bien entendu. D’où le principe de répartition des phases. À nous de les intéresser à un maximum de sujets différents pour les aider à trouver leurs passions et à acquérir ensuite un socle de compétences durable pour aller le plus loin possible. Et à l’école de leur permettre de réinvestir ces savoirs et ces aspirations naissantes. Vous imaginez le temps et l’énergie gagnés pour nous autres parents et enseignants enfin concentrés pleinement sur le face-à-face pédagogique ? Vous imaginez le sentiment de liberté et les potentiels tremplins pour nos enfants enfin libérés des chaînes d’un système trop lourd pour eux et de nos croyances limitantes ?